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Les phénotypes du SOPK : comprendre les 4 profils du syndrome des ovaires polykystiques pour mieux cibler son accompagnement

Mylène
il y a 2 jours
10 min de lecture


Femme qui joue de la guitare

Deux femmes peuvent recevoir exactement le même diagnostic de syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) et vivre pourtant des réalités très différentes : l'une a des cycles très espacés et une pilosité marquée, l'autre a des cycles presque réguliers et un poids parfaitement normal. Cette diversité n'est pas un hasard ni une erreur de diagnostic : elle correspond à ce que la médecine appelle les phénotypes du SOPK, c'est-à-dire les différentes combinaisons possibles des critères qui définissent ce syndrome.

Comprendre son propre phénotype ne relève pas seulement de la curiosité médicale. C'est une information concrète, qui éclaire directement les chances de conception, le niveau de risque métabolique associé, et surtout, le type d'accompagnement naturel le plus pertinent à mettre en place. Un protocole efficace pour une femme présentant une forte résistance à l'insuline peut, par exemple, s'avérer totalement inutile pour une autre dont le mécanisme du SOPK est différent.

Cet article détaille les 4 phénotypes du SOPK identifiés à partir des critères de Rotterdam, explique pourquoi cette classification a un impact réel sur la fertilité et le suivi naturopathique, et propose des pistes adaptées à chaque profil, toujours en complément d'un diagnostic posé par un médecin ou un gynécologue.



Le SOPK rebaptisé SMOP : ce que ce nouveau nom change

Avant d'entrer dans le détail des phénotypes, une actualité récente mérite d'être signalée. En mai 2026, un consensus international réunissant plus de 56 sociétés savantes et associations de patientes, et ayant recueilli l'avis de plus de 14 000 patientes et professionnels de santé, a officiellement acté le changement de nom du SOPK. Le syndrome des ovaires polykystiques devient ainsi le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien, ou SMOP. Cette décision, publiée dans la revue The Lancet et présentée au congrès européen d'endocrinologie de Prague, part d'un constat qui résonne particulièrement avec le sujet de cet article : le terme « polykystique » est trompeur, puisque de nombreuses femmes concernées n'ont pas réellement de kystes ovariens à l'échographie, et l'ancien nom ne reflétait pas la dimension métabolique et hormonale globale du syndrome, précisément illustrée par la diversité des phénotypes du SOPK détaillée plus loin.

Le terme SOPK reste, à ce jour, le plus utilisé et le plus recherché, y compris par les patientes elles-mêmes : c'est pourquoi il est conservé dans la suite de cet article. Mais il n'est pas exclu de voir progressivement apparaître l'appellation SMOP dans les mois à venir, en particulier dans la littérature scientifique internationale et les futures recommandations médicales.



Le SOPK n'est pas une maladie unique : comprendre les critères de Rotterdam

Le diagnostic de SOPK repose sur les critères de Rotterdam, établis en 2003 et toujours utilisés comme référence internationale, y compris dans les dernières recommandations de 2023. Ces critères reposent sur trois piliers, dont au moins deux doivent être présents pour poser le diagnostic : des troubles de l'ovulation (cycles irréguliers, longs, ou absence d'ovulation), des signes d'hyperandrogénie (acné, pilosité excessive, chute de cheveux, ou taux sanguins élevés d'androgènes), et un aspect polykystique des ovaires visible à l'échographie.


Hyperandrogénie, troubles de l'ovulation, morphologie ovarienne : trois piliers, quatre combinaisons possibles

Puisque seuls deux critères sur trois suffisent au diagnostic, il existe mathématiquement quatre combinaisons possibles, c'est-à-dire quatre phénotypes du SOPK, désignés par les lettres A, B, C et D. Cette classification, popularisée par une synthèse de référence sur la prévalence et les phénotypes du SOPK, a profondément changé la façon dont les chercheurs et les praticiens abordent ce syndrome : au lieu de le traiter comme un bloc homogène, elle invite à considérer chaque femme selon son profil réel.



Les 4 phénotypes du SOPK selon les critères de Rotterdam


Phénotype A : la forme classique, la plus documentée

Le phénotype A associe les trois critères à la fois : hyperandrogénie, troubles de l'ovulation et morphologie polykystique des ovaires. C'est le phénotype dit « classique », celui qui était déjà reconnu avant même l'introduction des critères de Rotterdam. Il est généralement associé au tableau clinique le plus marqué : cycles très irréguliers, signes cutanés d'hyperandrogénie plus fréquents, et une résistance à l'insuline souvent plus prononcée que dans les autres phénotypes.


Phénotype B : hyperandrogénie et anovulation, sans image ovarienne typique

Le phénotype B combine hyperandrogénie et troubles de l'ovulation, mais sans l'aspect polykystique caractéristique à l'échographie. Sur le plan métabolique, ce phénotype partage souvent des similitudes avec le phénotype A, notamment un risque accru de résistance à l'insuline, même si l'échographie ovarienne ne le laisse pas deviner.


Phénotype C : le SOPK dit « ovulatoire »

Le phénotype C associe hyperandrogénie et morphologie polykystique des ovaires, mais sans trouble de l'ovulation avéré : les cycles restent globalement réguliers. C'est un phénotype parfois qualifié de plus « léger » sur le plan reproductif, bien que l'hyperandrogénie et les altérations métaboliques associées méritent tout de même une attention réelle.


Phénotype D : le SOPK non hyperandrogénique, souvent mal compris

Le phénotype D est le seul des quatre à ne comporter aucun signe d'hyperandrogénie : il associe troubles de l'ovulation et morphologie polykystique des ovaires, sans excès d'androgènes cliniques ou biologiques. C'est un profil particulier, parfois source d'incompréhension, car il peut concerner des femmes qui ne se reconnaissent pas dans l'image classique du SOPK (acné, pilosité, surpoids). Ce phénotype est d'ailleurs fréquemment confondu, à tort, avec ce que l'on appelle familièrement le « SOPK maigre », une notion en réalité distincte, développée plus loin dans cet article.



Pourquoi le phénotype de SOPK change (presque) tout pour la fertilité

Le phénotype d'une femme n'est pas qu'une case cochée sur un compte-rendu d'échographie : il influence directement le pronostic de fertilité. Une étude récente ayant comparé les issues de fécondation in vitro (FIV/ICSI) entre le phénotype A et le phénotype D a mis en évidence des différences notables : les femmes présentant un phénotype A avaient un taux de grossesse clinique évolutive nettement inférieur et un taux de fausse couche plus élevé que celles présentant un phénotype D, dont les résultats se rapprochaient de ceux de femmes sans SOPK. Ces données suggèrent que c'est bien la composante hyperandrogénique, plus que le simple diagnostic de SOPK, qui pèse le plus lourdement sur les issues de grossesse.

Le risque métabolique suit une logique comparable. Une étude portant sur de jeunes patientes présentant différents phénotypes de SOPK a montré que le syndrome métabolique était significativement plus fréquent chez les femmes présentant les phénotypes hyperandrogéniques (A et B) que chez celles présentant les phénotypes C ou D. Cette donnée confirme ce que beaucoup de naturopathes observent en cabinet : deux femmes avec un même diagnostic de SOPK peuvent nécessiter des priorités de prise en charge très différentes.



SOPK maigre et résistance à l'insuline cachée : un axe différent des phénotypes A à D

Il est essentiel de ne pas confondre les phénotypes du SOPK (A, B, C, D) avec la distinction, plus populaire mais moins officielle, entre « SOPK maigre » et SOPK avec surpoids. Cette dernière repose uniquement sur l'indice de masse corporelle, un axe totalement indépendant de la classification de Rotterdam : une femme mince peut tout à fait présenter un phénotype A, tout comme une femme en surpoids peut présenter un phénotype D.

Ce qui rend le « SOPK maigre » particulièrement important à connaître, c'est qu'il a longtemps été sous-estimé sur le plan métabolique. Une étude récente menée chez des adolescentes a montré que celles présentant un SOPK avec un indice de masse corporelle normal affichaient malgré tout une résistance à l'insuline plus marquée et un profil d'adipokines moins favorable que leurs pairs sans SOPK, alors qu'aucune différence significative n'était observée chez les adolescentes en surpoids avec ou sans SOPK. Autrement dit, l'absence de surpoids ne protège pas automatiquement du volet métabolique du SOPK, ce qui justifie une vigilance identique, quel que soit le poids apparent. Une revue récente confirme d'ailleurs que le trouble de la sensibilité à l'insuline dans le SOPK ne se limite pas aux femmes en surpoids et doit être recherché indépendamment de la corpulence.


Femme installée sur du gazon

Adapter l'accompagnement naturopathique selon son phénotype de SOPK

C'est probablement l'implication la plus concrète de cette classification pour un accompagnement naturel : tous les leviers ne fonctionnent pas de la même façon selon le phénotype.


Phénotypes A, B et C : cibler la résistance à l'insuline

Pour les phénotypes associés à une hyperandrogénie (A, B, C), les axes détaillés dans mon article sur le SOPK et la fertilité naturelle restent pleinement pertinents : alimentation à index glycémique bas (voir aussi mon article sur l'alimentation et la fertilité), activité physique régulière, et supplémentation ciblée en myo-inositol, dont l'efficacité repose justement sur sa capacité à améliorer la sensibilité à l'insuline, mécanisme central chez ces profils.


Phénotype D : une approche à nuancer, en particulier pour le myo-inositol

Le phénotype D mérite une attention particulière, car il ne répond pas nécessairement aux mêmes leviers. Une analyse s'étant penchée spécifiquement sur l'usage des inositols selon les phénotypes conclut que cette supplémentation n'est pas toujours pertinente pour les femmes présentant un phénotype D, dans la mesure où elles ne présentent ni hyperandrogénie ni, systématiquement, de trouble métabolique associé. Pour ce profil, l'accompagnement naturopathique gagne à explorer d'autres pistes : qualité du sommeil, équilibre de l'axe thyroïdien, gestion du stress chronique, ou encore recherche d'autres causes d'anovulation en lien avec le gynécologue, plutôt qu'une supplémentation standardisée pensée pour un mécanisme métabolique qui, chez elles, n'est pas forcément en cause.



Comment connaître son phénotype de SOPK avant d'adapter son accompagnement ?

Identifier son phénotype nécessite un bilan médical complet : dosage sanguin des androgènes, examen clinique (acné, pilosité selon le score de Ferriman-Gallwey), échographie pelvienne, et historique précis des cycles menstruels. Ce bilan relève exclusivement du suivi gynécologique et ne peut pas être déduit de simples symptômes ressentis. C'est un préalable indispensable avant d'envisager un accompagnement naturopathique réellement personnalisé : connaître son phénotype permet d'éviter de suivre des conseils génériques, parfois inadaptés, voire inutiles selon son profil.



FAQ : vos questions sur les phénotypes du SOPK


Comment savoir quel phénotype de SOPK j'ai ?

Seul un bilan médical complet permet de déterminer son phénotype : prise de sang pour doser les androgènes, examen clinique des signes d'hyperandrogénie, échographie pelvienne et analyse de la régularité des cycles. Ce diagnostic relève du gynécologue ou de l'endocrinologue, jamais d'une auto-évaluation à partir des symptômes ressentis.


Le phénotype D est-il moins grave que les autres phénotypes du SOPK ?

Il est souvent associé à un risque métabolique et reproductif moindre, notamment de meilleures issues de FIV comparées au phénotype A. Cela ne signifie pas pour autant qu'il soit anodin : l'absence d'hyperandrogénie n'exclut pas des troubles de l'ovulation bien réels, qui méritent tout autant d'être pris en charge.


Le myo-inositol est-il utile pour tous les phénotypes de SOPK ?

Non. Son efficacité repose sur l'amélioration de la sensibilité à l'insuline, un mécanisme surtout présent dans les phénotypes hyperandrogéniques (A, B, C). Chez le phénotype D, qui n'est pas systématiquement concerné par la résistance à l'insuline, cette supplémentation n'apporte pas nécessairement de bénéfice et gagne à être discutée au cas par cas avec un professionnel.


Le « SOPK maigre » correspond-il à un phénotype particulier ?

Non, il ne fait pas partie de la classification officielle A, B, C, D, qui repose uniquement sur les critères de Rotterdam, indépendamment du poids. Le « SOPK maigre » désigne simplement un SOPK chez une femme de poids normal, quel que soit son phénotype. Les études montrent d'ailleurs que la résistance à l'insuline peut être bien présente malgré l'absence de surpoids, ce qui justifie une vigilance métabolique même chez les femmes minces.


Le SOPK et le SMOP désignent-ils la même maladie ?

Oui. Depuis mai 2026, un consensus scientifique international a renommé le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) en syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP), afin de mieux refléter sa nature multisystémique et de corriger l'idée reçue selon laquelle il s'agirait uniquement d'un trouble ovarien lié à des kystes. Il s'agit exactement du même syndrome, avec les mêmes phénotypes A, B, C et D et les mêmes possibilités d'accompagnement, sous un nom plus fidèle à la réalité clinique.


Le phénotype de SOPK influence-t-il vraiment les chances de tomber enceinte ?

Oui, les données disponibles montrent des différences mesurables : les phénotypes hyperandrogéniques, en particulier le phénotype A, sont associés à des taux de grossesse évolutive plus bas et des taux de fausse couche plus élevés en FIV que le phénotype D, dont les résultats se rapprochent de ceux de femmes sans SOPK. Cela ne préjuge cependant jamais de l'issue individuelle de chaque parcours.



Conclusion

Parler de « phénotypes du SOPK » plutôt que d'un SOPK unique change profondément la façon d'aborder ce syndrome, tant sur le plan médical que naturopathique. Les phénotypes A, B et C, marqués par une hyperandrogénie, partagent des mécanismes métaboliques proches, notamment une résistance à l'insuline qui répond bien à l'alimentation à index glycémique bas et à la supplémentation en myo-inositol. Le phénotype D, à l'inverse, invite à explorer d'autres pistes, plus individualisées, sans appliquer par défaut des protocoles pensés pour un mécanisme métabolique qui ne le concerne pas nécessairement.

Cette nuance illustre bien l'intérêt d'un accompagnement réellement personnalisé, construit à partir d'un diagnostic médical précis plutôt que d'une liste de conseils génériques trouvée en ligne. Connaître son propre phénotype, en lien avec son gynécologue, est ainsi une étape précieuse pour orienter un accompagnement naturopathique cohérent et adapté à son terrain, dans une démarche toujours complémentaire du suivi médical.




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Mylène, naturopathe spécialisée en fertilité et en équilibre hormonal




Cet article a un but informatif et ne saurait remplacer un avis médical. En cas de doute concernant votre fertilité, votre cycle menstruel ou votre phénotype de SOPK, il est important de consulter un médecin ou un gynécologue.




Sources scientifiques :


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Mylène Levallois

Naturopathe spécialisée en équilibre hormonal et fertilité

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